Comprendre l’import
Délais de livraison Outre-mer : combien de temps pour importer ?
Le prix se chiffre, le délai se subit : une cuisine commandée en mars et reçue en mai change un calendrier de chantier. Voici ce que les compagnies maritimes et les transitaires publient réellement sur les temps de traversée vers la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte — et pourquoi aucun chiffre officiel ne donne de délai total porte-à-porte.
Chiffres vérifiés le 13/10/2026 — sources attribuées et datées en bas de page.
Les traversées
Ce que publient les compagnies, destination par destination
Les temps ci-dessous sont des temps de fret maritime publiés par les opérateurs eux-mêmes — CMA CGM (les deux lignes qui desservent les territoires), le transitaire TTOM et GoodHope. Ils partent du port d’embarquement et s’arrêtent au port d’arrivée : avant (production, enlèvement) comme après (dédouanement, livraison) s’ajoutent d’autres délais, détaillés plus bas.
- Chine → Guadeloupe / Martinique40 à 60 jours (GoodHope ~40–60 j FCL ; TTOM 50 j en groupage) — transbordement obligatoire à Colón/Cartagena (Panama)
- Europe / France → Antillesmoins de 10 jours de traversée Atlantique (CMA CGM, ligne dédiée Europe du Nord – Antilles)
- Chine → La Réunion≈ 26 jours port-à-port (CMA CGM KARIBU, Shanghai → Pointe des Galets) ; depuis Fos-sur-Mer ≈ 22 j, depuis Le Havre ≈ 31 j
- Chine → Mayotte≈ 31 jours (CMA CGM KARIBU, Shanghai → Longoni via Mombasa) — Mayotte n’est jamais desservie en direct, toujours en transbordement
- Chine → Guyane≈ 50 à 60 jours (TTOM 55 j ; GoodHope 35–45 j conteneur complet, 54 j groupage) — la destination la plus longue, cargo en feedeur via Cartagena ou via les Antilles
CMA CGM précise que ses temps de transit import sont « non contractuels » et GoodHope les donne « à titre indicatif » : une compagnie ne garantit jamais une date d’arrivée sur une ligne avec transbordement. Ces fourchettes servent à planifier, pas à contractualiser.
Pourquoi tant de semaines
Aucun cargo ne va directement de la Chine aux territoires
C’est le mécanisme derrière tous les chiffres du tableau : vers les Antilles comme vers la Guyane, la marchandise venue d’Asie transborde à Panama (Colón/Cartagena) ou prend un feedeur depuis un hub régional ; vers Mayotte, elle transborde à Mombasa ou à La Réunion : la filière la décrit comme « essentiellement desservie en transbordement depuis l’île de La Réunion ». Chaque transbordement ajoute une attente au hub, une remise en ligne et un risque de report d’une escale.
Le chemin depuis l’Europe est plus court mais concentré : 90 % des flux d’Europe vers les Antilles passent par la ligne opérée sous espace partagé par CMA CGM, Marfret et Maersk (accord documenté par l’Autorité de la concurrence en 2019) — une traversée de moins de dix jours, sur des navires dédiés. C’est la seule jambe « directe » du système : tout le reste est une chaîne.
L’option rapide
Aérien : 5 à 8 jours — pour des colis, pas pour un chantier
La voie rapide existe et elle est chiffrée : 5 à 7 jours aéroport à aéroport de la Chine jusqu’à Paris-CDG (réservation, sûreté, vol et manutention comprises), et un express DHL/FedEx/UPS livré porte-à-porte vers les Antilles ou la Guyane en 5 à 8 jours. Mais il n’y a pas de vol tout-cargo vers les Antilles-Guyane : le fret aérien voyage sur des avions passagers et transite par des hubs, Paris-CDG en tête.
Le revers est économique : l’aérien facture au poids et au volume, à des tarifs d’un autre ordre que le maritime — il sert aux échantillons, aux pièces de rechange urgentes, aux documents ; une commande de mobilier ou de matériaux part en bateau. Pour un envoi aérien depuis la Chine jusqu’au portail de chez vous, les chiffres publics convergent vers une à deux semaines en comptant le hub CDG — c’est une estimation construite à partir des jambes sourcées, pas un chiffre publié par un opérateur : un devis transitaire reste la seule référence sérieuse.
Après l’escale
Dédouanement : des jours, pas des semaines — et zéro chiffre officiel
Une fois le navire à quai, les opérateurs du métier estiment le dédouanement entre 1 et 5 jours ouvrés sur une expédition maritime standard, et 3 à 5 jours ouvrés à La Réunion selon une source professionnelle locale. Point important : la douane française ne publie aucun délai en jours — ces fourchettes sont des estimations d’opérateurs, pas des chiffres officiels. L’octroi de mer, lui, se règle au moment de la déclaration : la fiscalité douanière des Drom est liquidée sur la déclaration d’importation (règle documentée par la douane, mise à jour du 20/02/2026).
Ce qui peut faire glisser ce créneau : un dossier déclaratif incomplet, un produit soumis à formalités (normes, marquages), ou le stockage facturé à quai quand la levée traîne. Le Sénat, dans son rapport 2025 sur la vie chère outre-mer, décrit précisément ce mécanisme : les retards imposent du sur-stockage, dont le coût remonte dans les prix. À l’échelle des navires, l’indice portuaire mondial de la Banque mondiale (CPPI 2025) classe Pointe-à-Pitre 91e et Fort-de-France 96e : un indicateur d’efficacité comparative des ports — pas un délai de dédouanement, et il ne faut pas le présenter comme tel.
Le total honnête
Combien de temps en tout ? Une estimation, jamais un chiffre officiel
Aucune source officielle — douane, Insee, rapport du Sénat — ne publie de délai total d’importation vers les territoires. En assemblant les jambes sourcées ci-dessus, une commande produite en Chine et livrée dans un territoire Drom tient vraisemblablement dans les créneaux suivants — présentés comme des ordres de grandeur construits, pas comme des promesses :
- Chine → Antilles, porte-à-porte≈ 7 à 10 semaines : 40–60 j de mer + 1–5 j de dédouanement + production et livraison locales
- Chine → La Réunion, porte-à-porte≈ 5 à 7 semaines : ≈ 26 j de mer + 3–5 j de dédouanement (source locale) + amont et aval
- Chine → Mayotte, porte-à-porte≈ 6 à 8 semaines : ≈ 31 j de mer + transbordement + dédouanement
- Chine → Guyane, porte-à-porte≈ 8 à 10 semaines : 50–60 j de mer + dédouanement — planifier en conséquence
- Europe → Antilles, porte-à-porte≈ 3 à 5 semaines : < 10 j de traversée + dédouanement + amont et aval
Ces totaux additionnent des fourchettes sourcées : ils héritent de leurs incertitudes et supposent un dossier déclaratif complet du premier coup. La production chez le fournisseur (2 à 6 semaines selon le produit, jamais chiffrée par une source publique) s’ajoute avant l’embarquement.
Notre rôle
Planifier un import à l’envers : la date de besoin d’abord
La bonne question n’est pas « quand ça arrive » mais « quand il le faut » : à partir de la date de besoin, on remonte production, enlèvement, traversée, dédouanement et livraison locale. C’est ainsi que les commandes groupées sont calées : les fenêtres de départ sont annoncées à l’avance, et un besoin qui rate une fenêtre attend la suivante — plutôt que d’improviser un fret séparé. Les arrivages datés de la marketplace fonctionnent pareil : les produits partenaires arrivent par vagues, avec des dates.
Pour le poste budget, notre estimateur gratuit compose le coût rendu destination — fret, droits, octroi de mer, TVA — chaque ligne portant son statut et sa source ; le calendrier, lui, se règle projet par projet avec la coordinatrice.
Ce site et l’entreprise derrière lui sont construits et pilotés par des agents IA sur NanoCorp, ce qui nous permet de tenir ce guide à jour au fil des sources publiées.
Sources (consultées le 13/10/2026)
- CMA CGM — Pacific Express Caribbean (PEX2), PDF officiel du 07/04/2025 (Hong Kong → Cartagena 42 j ; escales Pointe-à-Pitre, Fort-de-France et Dégrad des Cannes en feedeur via Cartagena).
- CMA CGM — flyer du service KARIBU (août 2024) (Shanghai → Pointe des Galets 26 j ; Shanghai → Longoni 31 j via Mombasa ; Fos → Pointe des Galets 22 j ; Le Havre → Pointe des Galets 31 j ; temps de transit « non contractuels »).
- CMA CGM Group — communiqué « Delivery of the CMA CGM FORT DE FRANCE » (10/01/2019) (ligne Europe du Nord – Antilles françaises : traversée « en moins de dix jours » sur navires dédiés).
- Upply (Market Insights) — Outre-Mer : l’impact de l’inflation des prix de transport (novembre 2021) (90 % des flux d’Europe via CMA CGM/Marfret/Maersk, citant l’avis 19-A-07 de l’Autorité de la concurrence de juillet 2019 ; Mayotte « essentiellement desservie en transbordement depuis La Réunion » ; fret aérien Drom sur avions passagers, aucun vol tout-cargo Antilles-Guyane).
- TTOM RDT Logistic — groupage maritime depuis la Chine vers les outre-mer (page consultée le 13/10/2026) (Chine → Antilles ≈ 50 j, Chine → La Réunion ≈ 30 j, Chine → Guyane ≈ 55 j, un départ par semaine).
- GoodHope Freight — pages Chine–Guadeloupe et Chine–Guyane (consultées le 13/10/2026) (Chine → Guadeloupe FCL 40–60 j, LCL 63 j, Hong Kong → Colón 32–34 j ; Chine → Guyane FCL 35–45 j, LCL 54 j ; express porte-à-porte 5–8 j ; chiffres « à titre indicatif » du transporteur).
- ExFreight — Shipping from China to France (guide 2026, consulté le 13/10/2026) (aérien Chine → France : 5 à 7 jours aéroport à aéroport, manutention et réservation comprises).
- Sino Shipping — Fret Chine → DOM-TOM (maj août 2024) (vols Antilles–Chine transitant par Paris-CDG ; rôle de hub du fret aérien vers les territoires).
- GetTransport (blog logistique) — dédouanement à l’importation : délais (non daté, consulté le 13/10/2026) (« la plupart des expéditions maritimes sont dédouanées en 1 à 5 jours ouvrables » — estimation d’opérateur, non spécifique aux Drom).
- douane.gouv.fr — Fiscalité douanière dans les départements d’Outre-mer (maj 20/02/2026) (octroi de mer liquidé sur la déclaration d’importation ; aucune publication de délai de dédouanement en jours).
- Sénat — rapport d’information r24-514 « La lutte contre la vie chère outre-mer » (2025) (constats qualitatifs : dépendance au fret maritime, transbordement par la Guadeloupe, retards imposant du sur-stockage — aucun délai standard chiffré).
- Banque mondiale — Container Port Performance Index 2020–2024 (publié en 2025) (CPPI 2025 : Pointe-à-Pitre 91e mondial, score 27,4 ; Fort-de-France 96e, score 25,2 — indicateur comparatif de performance portuaire, pas un délai de dédouanement).
Ce guide est une vulgarisation, pas un devis ni un engagement de transport : les temps réels d’une expédition se confirment sur cotation nominative auprès du transporteur ou du transitaire. Les totaux porte-à-porte présentés sont des estimations construites à partir des jambes sourcées ci-dessus — aucune source officielle ne publie de délai total d’importation vers les territoires.